Jean Zay

Qui est Jean Zay ?

Jean Zay est un avocat et homme politique français, né le 6 août 1904 à Orléans et assassiné par la
milice le 20 juin 1944 à Molles (Allier).
Au cours de sa vie, Jean Zay assure les fonctions de sous-secrétaire d’État à la présidence du Conseil,
ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts, député du Loiret et conseiller général.

La culture et le sport entrent à l’école

Jean Zay a laissé au ministère de l’Éducation nationale un souvenir lumineux. Sa réussite s’explique
par la conjonction d’un projet et d’un style, un mode de gouvernance. Le projet est celui des
républicains : prolongation de la scolarité et démocratisation. Le style est pragmatique et libéral : il ne
réforme pas d’en haut, il fait appel à la base, expérimente, mobilise, puis encadre et réglemente.
La prolongation de la scolarité est décidée par une loi du 9 août 1936, qui porte, dès la rentrée,
l’obligation scolaire de 13 à 14 ans. Au lieu de définir aussitôt par circulaire le contenu et les
programmes de cette année de fin d’études primaires, Jean Zay laisse « toute liberté d’initiative » aux
instituteurs. Il se contente de leur fixer la triple mission d’assurer dans ces classes un complément
d’instruction, une initiation à la culture et une orientation professionnelle. Les programmes viendront
plus tard. Il agit de même pour introduire trois heures d’éducation physique dans le primaire : il lance
une expérimentation dans trois départements, puis dans vingt-neuf. Les activités dirigées, les classes
promenades, l’étude du milieu par l’observation active sont développés de la même façon, avant d’être
intégrées à de nouvelles instructions officielles en septembre 1938.
Jean Zay a ainsi fait passer sur l’Éducation nationale un souffle nouveau. Ce fut un des rares ministres
à laisser un souvenir, dont témoignent les écoles, collèges et lycées qui ont pris son nom. Et de ce bon
souvenir, il a lui-même reçu le témoignage. Dans une lettre de septembre 1939, alors qu’il a rejoint
l’armée, il écrit : « Souvent des universitaires, des instituteurs anonymes sortent des rangs pour me
serrer la main. Quatre ans de gouvernement ne m’ont rien procuré dont je puisse être plus fier. » Et
Célestin Freinet lui décerne un compliment d’autant plus remarquable qu’il en est avare : « Si nous
avions, dans l’histoire de l’évolution scolaire française, quelques lustres aussi riches en innovations
hardies que les deux dernières années, il y aurait bientôt quelque chose de changé dans l’éducation
française. »

Pendant ses quarante-quatre mois au gouvernement du Front populaire, Jean Zay a institué, au titre de
l’Éducation nationale : les trois degrés d’enseignement, l’unification des programmes, la prolongation
de l’obligation scolaire à quatorze ans, les classes d’orientation, les activités dirigées, les
enseignements interdisciplinaires, la reconnaissance de l’apprentissage, le sport à l’école, les œuvres
universitaires ; et au titre des Beaux-Arts : le CNRS, le musée national des arts et traditions populaires,
le musée d’Art moderne, la Réunion des théâtres lyriques nationaux, le festival de Cannes.
Les cendres de Jean Zay ont été transférées au Panthéon le 27 mai 2015.